DEARSUZANNE

"En 2012 je rencontre Suzanne dans une maison de repos dans le cadre d’un projet sur le quartier des Marolles à Bruxelles. 

Alors que je rentre dans cette chambre n°207 un mercredi 24 octobre, je ne savais pas que j’allais me lier avec Suzanne pendant 6 années au moins. 

Année après année, elle crie « Entrez! » à chaque fois que je toque à la porte, elle est là, elle sourit et elle m’invite à m’asseoir dans le petit fauteuil en cuir marron. Entourée de tout son bric à brac Suzanne me raconte sa jeunesse, son présent, son passé ou encore son histoire d’amour avec dieu, cette croyance qui est si étrangère pour moi.

Petit à petit, le visage devient familier et les visites tentent de combler un manque, un vide. J'accumule les images comme on accumule les souvenirs; et le temps, qui semble écouter la discussion avec attention, n’a ni début ni fin. 

 

Les visites s’arrêteront brusquement en 2018, par interdiction de la congrégation de Suzanne.

Elle me manque. "

Dear Suzanne -
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"Je trouve ça intéressant de vivre encore et j'espère encore vivre un peu mais pour moi la perspective de la vie c'est aussi de vivre dans un autre univers, un certain poète espagnol disait " un amour m'attend" pour moi c'est exactement ça, un amour m'attend, je n'ai donc pas peur de mourir. " S.